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LE TOUR 2026 - LES 30 ANS

Une idée simple. Une idée folle aussi. Faire monter dans le même avion des enfants que tout semblait opposer. Des enfants au parcours ordinaire et d’autres cabossés par la vie, le handicap ou la maladie. Leur offrir le ciel, mais surtout leur permettre de se regarder autrement.
Trente ans plus tard, cette graine est devenue une forêt humaine. Une famille. La famille de Rêves de Gosse.
Et ce mot n’est pas galvaudé. Quand on arrive sur le Tour, on le comprend immédiatement. Sur le pré vert de l'aérodrome de Narbonne, jeudi, le rituel pouvait commencer. Il y a peut-être une année qui s’est écoulée, mais lorsque la caravane se retrouve, le temps semble suspendu. Comme si la dernière étape, à Lille en 2025, avait eu lieu hier.

Il y a les embrassades des retrouvailles, les regards complices. Il y a les anciens, les nouveaux, les pilotes du dimanche, les pilotes pros, les pilotes militaires, les bénévoles de l’ombre, les organisateurs locaux, les mécanos, les photographes, les partenaires. Des femmes et des hommes venus d’univers parfois opposés, mais réunis par une même conviction : placer l’enfant au centre, encore et toujours.
« L’essentiel, ce sont les enfants, pas le Tour en lui-même », résume Gérard Barbier, l’un des pionniers de l’aventure, présent depuis presque l’origine. En 29 ans, il a vu défiler des milliers de regards émerveillés, des milliers d’histoires, des milliers de vies croisées quelques heures seulement, mais marquées pour toujours.
Parce qu’un vol partagé laisse une empreinte.

Au fil des années, les pilotes ont embarqué bien plus que des passagers. Ils ont embarqué des rêves, des silences, des combats invisibles. Certains souvenirs sont lumineux, d’autres douloureux, mais tous restent gravés.
Il y a ce petit garçon déçu de ne pas avoir vu sa maman dans le ciel. Il y a Joris, qui attendait le passage de l’avion au-dessus de sa maison avec une précision d’horloger. Il y a cette petite fille rencontrée sur un quai de gare, dessin à la main, après quarante-cinq minutes de conversation improvisée. Et puis il y a tous les autres. Ceux qui descendent de l’avion avec un sourire immense. Ceux dont les parents découvrent soudain une force ou une joie qu’ils n’avaient jamais vues.
Christian Bernateau parle de « petits miracles ». C’est peut-être cela, finalement, l’âme de Rêves de Gosse.

C’est sans doute cela, le plus bel héritage de Rêves de Gosse. Pas seulement avoir fait voler des milliers d’enfants. Mais avoir prouvé, depuis trente ans, qu’une société plus fraternelle n’est pas une utopie.
Pendant neuf jours, de Narbonne à Istres-Salon-Eyguières, puis Valence, Auxerre, Le Bourget, Granville, Saumur, Agen et enfin Perpignan, la caravane traversera encore la France. Les avions décolleront à l’aube. Les regards se lèveront vers le ciel et des milliers de gamins vivront à leur tour cette aventure hors du commun, récupèreront ces petites graines pour agrandir encore cette forêt.
Et tant qu’il y aura des enfants à faire rêver, la famille continuera d’avancer, ensemble, portée par cette conviction simple et immense : un rêve partagé peut changer une vie.